Voici VIS COMICA : sommaire et numéro zéro, numéro de démo

Voici le sommaire récurrent, et un numéro zéro de démo de VIS COMICA pour vous puissiez décider avec tous les éléments en main. Il n’y a pas mieux que de pouvoir tapoter la croupe du bestiau avant de se résoudre, ou non, à l’acheter.

Le sommaire bimensuel de vis comica tel qu’il sera

Le sommaire bimensuel de VIS COMICA — susceptible d’évoluer selon les réactions ou demandes du lectorat, et selon la croissance ou non de l’audience (soit une augmentation en volume) — serait a priori le suivant, sans être exhaustif ni gravé dans le marbre :

1  – Quelques lignes pour dire bonjour parce qu’on n’est pas des sauvages, et pour annoncer le menu de la lettre.
2 – Un texte humoristique de mon cru (article, billet, chronique, nouvelle, portrait…)
3 – Un extrait de comique littéraire présent ou passé à découvrir (extrait, ou en entier). Afin de découvrir un auteur d’hier ou d’aujourd’hui, d’ici ou d’ailleurs.
4 – Un texte, ou un extrait de texte (déniché) devenu drôle… avec le temps (issu de la presse, de la littérature, d’ouvrages divers) ou qui était drôle involontairement dès sa parution.
5 – Un mot à la mode repéré récemment, et expliqué par l’exemple.
6 –  À SAVOIR : des infos brèves ou moins brèves
(s’il y en a de notables qui rentrent dans nos préoccupations sur le comique écrit (exemple : sortie d’une anthologie, d’un documentaire, d’une étude, actualité d’un auteur, d’une adaptation en spectacle…).
7 – Si l’actualité s’y prête, des critiques pour attirer l’attention sur du comique de qualité qui serait apparu : critiques littéraires (livres comiques récents, rééditions ou à parution ancienne, le cas échéant), musicales (par exemple textes de chanson), cinéma, documentaires, Web, TV, podcasts, des recommandations… Toujours à partir du prisme : c’est du comique écrit. Mais aussi des critiques vachardes, de mauvaises foi, exagérées sur des choses pas forcément comiques… mais pour en rire, se moquer avec esprit (toujours) et surtout éviter de s’emmerder sur une œuvre sinistre et savoir pour l’avenir ce qu’il faut éviter.
8 – Courrier, réactions des lecteurs. Actualité du site Web. Divers messages de services. Et peut-être d’autres trucs ? : suggestions bienvenues.

Vous êtes intéressé(e)  ? Signalez-moi votre intérêt, et je vous dirai quand j’ai atteint mon seuil minimal de 100 abonné(e)s pressenti(e)s et vous informerai du lancement de VIS COMICA qui en découlera : écrire à francismizio[@]wanadoo.fr (sans les crochets).


LE numéro zéro, numéro démo, de vis comica ci-dessous :

Bonjour à toutes, bonjour à tous,
J’espère que vous allez bien… Ce numéro zéro de VIS COMICA est donc une démo ! Parce que le confinement, les semi-confinements, couvre-feux et autres festivités nécessitant des mots de sortie sur notre cahier nous rendent immobiles et obèses, voici de quoi se remonter le moral puisqu’il y a 1- Du sport (avec un vieux texte sur le tennisman Jo-Wilfrid Tsonga lâchement recyclé pour la démo) 2- Des conseils beautés avec Robert Benchley (attention, le hoquet fait grossir) 3- Un plat basse calorie : la grenouille (où l’on apprend surtout qu’elle est aussi à l’origine du langage). Et puis quelques brèves et un conseil vocabulaire… Bonne lecture et n’hésitez pas à me faire part de vos remarques, suggestions, réflexions… Bien à vous.
Francis


PORTRAIT : JO-WILFRIED TSONGA : les fameuses raquettes du Mans

(article paru en 2014 peu avant la Coupe Davis (Ou Roland-Garros, ou Wimbledon, je ne sais plus) dans (feu) le magazine Terristoires, mais mis ici pour la démo de VIS COMICA. Tsonga venait d’être une énième fois blessé et n’avait pu participer à une compétition importante).

Venu au monde au Mans le 17 avril 1985 et sorti de la Coupe Davis vendredi 21 novembre dernier par un Suisse puis par son avant-bras, le tennisman membre de l’équipe de France de Coupe Davis depuis 2008 Jo-Wilfried Tsonga est considéré comme un des meilleurs joueurs suisses français de sa génération.

Chez les Tsonga, on n’a fait que du beau bébé : Jo-Wilfried Tsonga mesure 1,88 m et pèse 90 kilos. Son cadet, ex-basketteur professionnel, mesure 1,95 m. Papa Tsonga, ex-handballeur professionnel, professeur de physique-chimie, est d’ailleurs plus physique que chimie puisqu’il n’arbore, d’après les photographies, que quelques centimètres de moins que ses petits bouts de chou. Madame Tsonga est quant à elle une enseignante sarthoise, qui a dû passer ses week-ends en voiture à convoyer les garçons, voire le père, à leurs clubs. Ce qui est, on en conviendra, pas moins sportif.

Il faut bien dire les choses sans cliché : lorsqu’on naît au Mans, on fait soit des rillettes, soit des mutuelles, soit du sport. Côté sport, c’est plutôt voiture, sport collectif (hand, basket, football) ou sport de raquette : tennis avec table ou sans. C’est donc dans cette dernière discipline que le jeune Jo-Wilfried s’est tôt illustré : quatre titres en US Open en junior en 2003, entrée au classement ATP en 2008, Masters de Paris Bercy, de Shangaï, de Toronto, finale à Londres : “En 2014, il avait déjà gagné 11 titres en simple au cours de sa carrière. Son meilleur rang est une 5e place mondiale en février 2012”, explique Wikipédia qui lui consacre un article obsessionnel. De fait, il est loin le Tennis club des 3 vallées à Coulaines, Sarthe, que Jo-Wilfried fréquentait à 13 ans, avant d’aller à Poitiers au pôle espoir avec, déjà, Richard Gasquet (!) : 749 kms, à vrai dire, depuis qu’il réside en Suisse.

Le choix douloureux de l’exil

Terre de contrastes, écrin de verdure aux cimes étincelantes et aux vallées riantes parcourues par une population affable qui a su maintenir ses arts et gastronomie entre tradition et modernité : la Suisse est le pays du tennis. Quel que soit le résultat d’un championnat international ou d’une coupe d’importance, la finale se dispute très souvent entre voisins. La dernière Coupe Davis l’a encore montré : l’équipe de France qui vit en Suisse a affronté l’équipe de Suisse, en France

. À croire que les résidents et citoyens suisses aiment s’entre-chicorer la balle. Cette densité de joueurs de tennis réfugiés chez les Helvètes doit sans doute s’expliquer par des raisons climatiques, en un premier temps – l’air et l’eau y sont purs – et esthétique en un second : les jeunes locales blondes qui les épousent y sentent le savon. Quelle autre raison sinon ? (1) Paradoxalement, le pays est pentu, ce qui ne facilite pas les aces aux services si on est côté vallée. La densité de tennismen y est telle qu’il faudra un jour araser la montagne pour obtenir une platitude suffisante, correspondant d’ailleurs idéalement à l’âme suisse. Jo-Wilfried Tsonga, que l’on dit justement sympathique et réservé, a lui aussi connu ce déchirement que représente le fait de devoir s’expatrier afin de s’entraîner dans une région plus favorable à l’oxygénation. Il s’est installé près de (en Suisse, c’est petit, on est toujours près de) chez son collègue Gaël Monfils, mais aussi de Roger Federer et Stanislas Wawrincka, de Richard Gasquet, de Gilles Simon et Julien Benneteau. La liste serait longue (2). Des jaloux y ont vu une volonté d’expatriation fiscale ; argument que Jo-Wilfried renvoie aussitôt de son fameux revers à deux mains et à 225 km/h, puisqu’il dit payer des impôts sur ce qu’il gagne, car parfois il gagne, lors de championnats se déroulant en France. Le seul tennisman a être rentré de notre pauvre côté des Alpes est Yannick Noah ; sans doute parce qu’il en avait assez de se faire défier tous les dimanches par tous ces jeunes coqs en revenant de son harassant cours de zumba.

Bientôt représentant de l’ostéopathie à l’Unesco ?

Ce qui fascine dans la carrière de Jo-Wilfried Tsonga (comme dans celle de son frère d’ailleurs) est que cet athlète, maintes fois victorieux, est une parfaite représentation de l’idée qu’il ne faut pas faire de sport pour rester en bonne santé. À l’heure où ces lignes sont écrites, on ne sait pas trop si c’est le coude ou l’avant-bras – mais ça se situe par là – qui lui aura valu d’être écarté de la finale de la Coupe Davis 2014, alors qu’il semblait être l’homme de la situation.
Comment peut-on avoir tant de morceaux qui couinent depuis tant d’années ? Multiples blessures au dos, hernie discale (un truc suisse peut-être, cf. Johnny Halliday), fissure au ménisque, problèmes récurrents au genou gauche (ligaments qui lâchent, tendons rotuliens qui se fâchent). Pourvu qu’il ait une bonne mutuelle, on en est à craindre que le Manceau finisse à l’état de rillettes.

La terre l’a battu

Et s’il se blessait parce qu’il joue sur un terrain qui ne lui convient tout simplement pas ? Tsonga est en effet toujours battu sur la terre du même nom. Or, de source sûre (La Tribune de Genève), Tsonga serait en effet bien meilleur sur gazon, où il développerait en sus une rapidité exceptionnelle ! Pour preuve, ce témoignage fort rapporté lors de son emménagement dans sa villa de Gingins : “Il était en train de tondre sa pelouse et je me suis dit que j’allais lui souhaiter la bienvenue”, raconte sa voisine. “Mais je n’ai pas eu le temps de le faire tout de suite et le lendemain, il était déjà parti”, raconte-t-elle avec un brin de déception.(3)
De deux choses l’une : soit Tsonga s’est bien équipé côté tondeuse, soit il développe un talent particulier, compte tenu que la parcelle fait 1 060 m². Soit les deux. En tout cas, c’est troublant, car sachant qu’il joue en double sur la moitié d’un terrain de 23,77 m de long sur 8,23 de large, donc, en gros, la plupart du temps sur un quart (soit 5,92 m x 2,05) il laisse pourtant passer des balles. On nous rétorquera que sa rapidité sur gazon est peut-être due à la tondeuse et que la solution est à chercher de ce côté : l’argument ne tient pas car la terre battue ne se tond pas, et la superficie de la tondeuse sur le quart de terrain consacré à Tsonga gênerait sa réactivité et sa raquette pourrait se cogner dans les poignées de l’engin. Dès lors, il faudra se faire à l’idée que Tsonga connaîtra encore des déboires au tennis. Hélas, et CQFD.
FM

(1) Peut-on représenter le sport français et résider en Suisse ?
http://quoi.info/actualite-sport/2012/02/26/peut-on-representer-le-sport-francais-et-resider-en-suisse-1126300/ Les sportifs exilés fiscaux sont-ils des salauds ? http://www.slate.fr/story/46611/sportifs-exil-fiscal-suisse-tennis
(2) Le tennis en Suisse : http://fr.wikipedia.org/wiki/Tennis_en_Suisse
(3) La Tribune de Genève du 7 août 2009 (qui a bien mis deux fois le verbe raconte en un paragraphe, et après on s’étonne qu’on cherche à faire écrire des articles sur le sport (et non pas des articles de sport) par des robots).
Pour le détail, la villa, construite en 2004, compte 200 m² de plancher habitable sur deux étages et un sous-sol. La parcelle fait au total 1060 m² et comprend deux garages, une fontaine en granit et un Kota finlandais, sorte de cabanon de jardin arrondi avec barbecue intérieur”. On ne nous dit rien en revanche sur la couleur des rideaux. Le journalisme se perd.


repéré pour vous : “Le hoquet fait grossir”,
par ROBERT BENCHLEY (années 30, texte retrouvé en 1970)

texte extrait du recueil “la psychologie du pingouin”, Éd. le dillettante, 2004. (Traduction de l’anglais usa : F. BRUMENT)

Si l’on en croit les recherches récentes, il y a tellement de petits gestes quotidiens qui nous font grossir que nous ne pouvons plus guère faire un mouvement – volontaire ou involontaire – sans aussitôt prendre du poids. On nous a dit que rire faisait grossir, que dormir après les repas faisait grossir, que boire de l’eau faisait grossir (ou maigrir, selon le jour de la semaine où vous le lisez); et, même si je ne l’ai pas vu écrit noir sur blanc, je ne doute pas que des actes tels que bâiller et éternuer sont désormais à classer dans la catégorie des constructeurs de tissus graisseux – qui, soit dit en passant, semblent bien être les plus zélés petits constructeurs qu’on ait connus depuis ceux qui, en un rien de temps, nous ont bâti les pyramides.

Or, vous ne l’avez peut-être pas remarqué, mais tous ces prétendus facteurs de prise de poids sont comme par hasard des activités plutôt agréables.

Personne ne contestera que rire, faire une sieste et bâiller constituent d’inépuisables sources de plaisir. Certains peuvent avoir quelque réticence à considérer l’éternuement comme un agréable passe-temps, mais je suis sûr que vous serez disposé à admettre, si vous êtes de bonne foi, qu’un bon “atchoum !” bien franc ~ un de ceux qui vous font sauter le col et vous envoient les cheveux dans les yeux – est l’un des plaisirs sans égal que nous offre la vie. Même si vous vous exclamez “ah, zut!” entre deux éternuements, comme si vous n’aimiez pas ça, je sais bien, souffrant depuis longtemps du rhume des foins, quel pied on peut prendre à une bonne crise d’éternuements, pour peu qu’on ait le loisir de s’y consacrer et qu’on ne soit pas occupé à des travaux d’aiguille.

Au vu de cette liste de tous les petits plaisirs de la vie que nous devrions sacrifier sur l’autel de la minceur, il m’a semblé intéressant de démontrer que le hoquet fait grossir, afin d’y ajouter, pour une fois, quelque chose que nous n’aimons pas faire.

Primo, je ne connais personne qui ait quelque chose de positif à dire sur le hoquet. Secundo, il est assez facile de prouver que presque tout contribue à nous faire prendre du poids : il suffit de ressortir ces histoires de vieilles cellules et de sécrétions glandulaires et de raconter comment elles sécrètent de la graisse dans le sang et la planquent en réserve pour les mois d’hiver. Si vous réussissez ensuite à faire entrer un chien ou un chat dans une cage et à lui faire faire le truc que vous étudiez, vous devriez être capable de prouver ce que vous voulez en un quart d’heure.

L’autre jour, ils ont mis un chien et une chatte dans deux cages côte à côte et ils les ont terriblement remontés l’un contre l’autre, en disant au chien ce que la chatte avait raconté sur son compte et à la chatte comment le chien parlait d’elle à ses copains; puis, en prélevant le sang des deux animaux avant et après avoir fait naître entre eux ce ressentiment, ils ont découvert qu’ils étaient un peu plus minces à l’heure du dîner. Ils n’ont pas précisé quel était le poids des animaux après le dîner, ni après leur réconciliation, mais on peut affirmer sans risque qu’ils ont dû reprendre un bon kilo chacun. J’ai moi-même testé ce genre de truc pour essayer de maigrir et le seul effet notable a été de me donner une faim de loup.

De toute façon, les gens savent tellement peu de choses sur ce qu’est réellement le hoquet – à part que c’est vraiment casse pieds – qu’on peut se lancer sans risque dans la théorie cellulaire. Vous devez savoir que notre merveilleuse Machine Humaine (merveilleuse, à part environ trois cents défauts qu’on peut compter sur les doigts d’une main) est constituée d’innombrables milliards de petites cellules appelées «cellules» et que la tâche spécifique de certains de ces petits corps cellulaires consiste à stocker de la graisse. Et j’ajouterai ceci à leur décharge : elles font bien leur job.

J’en ai moi-même toute une équipe qui se met en quatre pour accomplir son devoir. Ils doivent avoir des sortes de devises affichées sur les murs de leurs ateliers, du style : “Mettez-en un coup !” ou “Les tire-au-flanc seront toujours perdants”. Je pense qu’ils doivent même faire appel à des agences d’intérim pour que d’autres cellules viennent leur donner un coup de main quand ils sentent qu’ils n’auront pas atteint leur quota de graisse pour 17 heures, car ils n’ont pas échoué une seule fois jusqu’à maintenant.

J’aimerais pouvoir en dire autant des cellules dont la tâche consiste à détruire la graisse. Je suspecte mes cellules destructrices de boire, ou de ne pas avoir leur compte de sommeil. En tout cas, quelque chose les ralentit dans leur boulot; ça, j’en suis sûr.

Bon, disons maintenant pour faire avancer notre thèse (*) que le hoquet est une réaction musculaire déclenchée par une sécrétion excessive des glandes pénales (j’improvise; mais si les glandes pénales n’existent pas, il faudrait les inventer). Par exemple, vous avez assisté à un concert, ou vous avez essayé de jouer de la flûte, et cela vous a épuisé. Cet épuisement libère une toxine nerveuse qui, à son tour, libère cinq pigeons voyageurs qui tentent de s’envoler par votre bouche. C’est ce que nous appelons le hoquet, ou les «hics». S’il n’y avait pas le hoquet, la toxine libérée par l’épuisement agirait sur les cellules et détruirait de grandes quantités de tissus graisseux, ce qui nous obligerait à refaire notre garde-robe deux ou trois tailles en dessous. Mais le hoquet, ou fuite des pigeons, intervient et réduit la toxicité de notre corps, laissant ainsi la graisse à sa place – et ce n’est pas la peine de vous faire un dessin, vous savez bien où c’est.

Pour réaliser mes expériences, je n’avais ni chien ni chat à mettre en cage. J’ai donc utilisé une tante qui séjournait chez nous et qui n’avait pas beaucoup aidé dans la maison pour payer sa pension. Je l’ai enfermée dans une cage et, dans la seconde cage à côté d’elle, j’ai placé le perroquet qu’elle emmène dans tous ses déplacements. Après avoir prélevé des échantillons de sang sur la tante comme sur le perroquet, et leur avoir donné des friandises pour qu’ils se tiennent tranquilles, j’ai tenté de provoquer le hoquet chez la tante – ce qui n’a pas été sans mal : elle refusait de hoqueter. Car si rien n’est plus courant que d’attraper le hoquet quand on n’en veut pas, il n’y a semble-t-il aucun moyen de le déclencher à volonté. J’ai montré à la tante des images de gens en train de hoqueter, pensant le provoquer par suggestion. Mais elle n’a même pas voulu y jeter un coup d’œil. J’ai essayé d’imiter le hoquet, mais j’ai seulement réussi à déclencher chez moi une crise aiguë et non simulée. (Malheureusement, j’avais omis de prélever mon propre sang, aussi ce hoquet n’a-t-il été d’aucune utilité pour mes propres expériences.)
Toutefois, me voir hoqueter a fait rire ma tante, ce qui, ajouté aux friandises, a fini par déclencher chez elle une petite crise de hoquet assez convenable. Ce qui, à son tour, a excité le perroquet, habitué à se moquer de ma tante, parfois même assez grossièrement : il s’est lancé dans une série d’imitations de hoquets aussi malhabiles qu’irritants.

Ce cirque a duré plusieurs jours, jusqu’à ce que le perroquet finisse par abandonner et se mette à chanter à la place. Ma tante et moi hoquetions encore par intermittence, mais le plus gros de la crise était passé. Je disposais désormais d’un temps suffisant entre deux hoquets pour effectuer des prélèvements sur ma tante et essayer d’en faire sur le perroquet. Le perroquet est resté intraitable, aussi suis-je dans l’incapacité de déterminer les effets du hoquet sur le poids des oiseaux.

Aussi loin que ma tante soit partie à présent (et c’est assez loin), j’ai des données prouvant qu’elle a pris deux kilos durant sa captivité, surpoids entièrement dû à l’élimination des toxines destructrices de graisse sous l’effet du hoquet.

Nous avons démontré de la sorte que tous les passe-temps qui font grossir ne sont pas nécessairement agréables. Voilà qui va révolutionner la science de la perte de poids, basée jusqu’alors sur la théorie selon laquelle nous devons nous priver des choses que nous aimons faire et faire les choses que nous détestons (je ne mentionnerai pas de nom dans ce dernier groupe, mais certaines sortes de salades et de légumes verts se reconnaîtront). Si désormais, pour maigrir, nous devons éviter de faire ne serait-ce qu’une seule chose désagréable, comme le hoquet, la tendance générale pourrait bien s’inverser : l’année prochaine, les experts nous diront peut-être de ne pas faire de choses déplaisantes (alors que deviendras-tu, ma chère laitue ?) et de nous adonner sans réserve à tout ce qui nous procure du plaisir.
RB

(*) Ce n’est pas une thèse très sérieuse ; c’est juste pour rire (NdA).


C’est drôle, mais ce n’était pas voulu  :
LE LANGAGE HUMAIN serait issu DE CELUI DES GRENOUILLES

extrait de “le brisset sans peine” textes choisis et adaptés par gilles rosière, ginkgo éditeur (2005′).

Jean-Pierre Brisset était ce qu’on appelle un “fou littéraire”, et donc graphomane et développeur de nombres de théories et d’inventions toujours farfelues ou ahurissantes. Les fous littéraires ont, entre autres, en commun de toujours vouloir triturer la langue, sinon inventer des langages. Brisset a développé pour théorie (il y en a des pages et des pages), que le langage humain venait de celui des grenouilles. Voici l’introduction de son texte (où il raconte son épiphanie, en quelque sorte qui lui fera écrire ensuite fiévreusement, très sérieusement, et avec force explications et détails l’origine des mots en jouant sur les sonorités). Les grenouilles sont donc à l’origine du langage de nos ancêtres…
Les textes de Brisset ont été portés maintes fois au théâtre, et notamment par Jean-Michel Ribes, dans des pièces ou de fausses conférences absolument hilarantes.

“LES CRIS DE LA GRENOUILLE
Vers l’âge de onze ans, nous avions surpris une grenouille et, avec la méchanceté du garnement, nous l’écrasions avec une tige de bois appuyée sur son ventre, quand la pauvre bête étendant tout à coup les jambes et les bras nous frappa de stupéfaction. Nous nous baissâmes pour mieux voir : on dirait une personne, nous suggéra l’esprit, et nous nous en allâmes étonné, tout pensif et repentant de notre barbarie. Car il n’y a pas à dire, la grenouille a déjà tous les caractères corporels d’un charmant petit être humain. Ses yeux, son regard, certains tics du visage, sont semblables aux nôtres ; et aucun animal ne possède une grâce corporelle du talon au cou qui le rapproche autant du corps humain.
Un jour que nous observions ces jolies petites bêtes, en répétant nous-même ce cri : coac, l’une d’elles nous répondit, les yeux interrogateurs et brillants, par deux ou trois fois coac. Il nous était clair qu’elle disait : quoi que tu dis ? Un autre jour, nous vîmes un mâle, qui avait par trois fois manqué son accouplement, tourner le dos complètement, avec un dépit marqué, à la petite femelle trop remuante.
À l’époque des amours, elles s’assemblent en troupe, avec des chants sans fin ni arrêt, mais aussi entremêlés de silences : coaque, coèque, coéque. Le dictionnaire Larousse leur attribue les cris : Brekekex, coax et ololo. Au l’haut l’eau égale Là à l’eau. Au lolo est un appel enfantin à boire du lait et l’eau est le premier lait.
Les collages se font pour plusieurs jours, car bien que n’ayant pas de sexe, ces petits animaux se mettent l’un sur l’autre pour lâcher, au même moment, leur frai dans l’eau où éclosent les têtards. À cette époque, le mâle fait entendre vigoureusement le cri : Que r’ai ait, que rere ai haut, cœur ai haut, où l’on peut voir l’origine créo, du verbe créer.
Nous avons encore noté, cara, cara; cate cate, mais_ surtout le cri qu’ai quête qui est un appel : qu’ai quete égale viens chercher. On en dit qu’elle demande une quéquête. Le petit enfant a une quéquête, la grenouille n’en a pas.
Il semble véritablement que les naturalistes n’aient jamais été frappés de la forme presque humaine que possède déjà la grenouille, de son chant si semblable à notre parole. C’est à peine s’ils en parlent dans leurs si longues dissertations. Ils sont, devant la grenouille, comme le linguiste devant le calembour : pétrifiés et aveugles.
Ainsi que 1’homme, la grenouille vit sous tous les climats, sur terre et dans l’eau. Elle est de jour et de nuit, aime les soirées chantantes mais reste le matin dans son lit, le limon de la terre. Je t’attends au saut du limon, petit, au saut du lit, mon petit. Son langage varie selon les lieux, les temps et les saisons. Il comprend certainement les sons : que, re, te, au, ou, à, ai, aie, y et sans doute : be, ce, le, et d’autres. En étudiant ce langage avec soin on y découvrira d’autres rapports avec les diverses langues, nous en avons assez dit sur ce sujet. Les cris de la grenouille sont l’origine du langage humain comme nous l’avons écrit dans la Grammaire logique que nous avons présentée à l’Académie pour un concours, mais qui fut rejetée par Monsieur Renan.
Nous y avons démontré que toutes les langues vivantes remontent à la fondation du monde et non au latin qui n’est qu’un argot ou un langage artificiel, un italien rendu inintelligible au peuple. Il ne vient pas plus du Latium que l’argot de l’Argovie, ou le javanais de Java. C’est en terminant cette grammaire que nous fûmes frappé d’une révélation soudaine : nous avons été conçus dans les eaux, sous forme de grenouilles, et la parole qui est Dieu a conservé dans ses plis l’histoire du genre humain depuis le premier jour, avec une sûreté, une irréfutabilité qui confondra les simples et les savants.
Voyons par exemple où ces ancêtres étaient logés : l’eau j’ai égale j’ai l’eau ou je suis dans l’eau. La première loge (l’eau je égale l’eau à moi) était un lieu arrangé dans l’eau. Lot j’ai égale je tiens mon lot. L’auge ai égale j’ai mon auge. La première auge était une petite mare (mare à boue) qui servait de loge. On fut donc dans le principe logé dans l’eau et sur la berge des eaux, à l’auberge.
La première cage était une cache ou cachette arrangée dans la mare.J’ai une cage dans la m ( égale Dans la mare ai cage. L’ancêtre était assis dans l’Océan. Je suis dans l’Océan. J’ai l’eau au séant. Le premier océan était un seau, une sauce ou une mare, les ancêtres en sauce y étaient, y étaient en société. Les mots, comme les hommes ont un origine commune et chaque syllabe s’est référée à l’eau. L’eau a tout créé, même la parole, qui est de 1 eau, puisque chaque mot prononcé produit une émission de vapeur d’eau.”
J-P B.


bon à savoir

“the far side” de gary larson est en ligne… et c’est meilleur pour votre anglais que les magazines féminins

The Far side, c’est très visuel, forcément, puisque c’est le site de Gary Larson, le meilleur dessinateur de presse américain de tous les temps, mais c’est aussi très écrit car souvent les légendes télescopent les dessins pour un résultat absurde et hilarant. L’intégralité de son œuvre culte “The far side” est en ligne distillée par des nouveautés mises en ligne chaque jour. Parfait pour perdre son temps — et cela vous fera réviser aussi utilement votre anglais qui se dévoie un peu à lire des articles de la presse féminine qui vous parlent souping quand il s’agit d’avaler de la soupe de légumes (mais d’autres ont réagi avec le greeking, le tartifletting et le racletting) ou du benching qui signifie que l’on vous prend pour une cruching côté amourettes). > Gary Larson, c’est du sérieux, lui au moins, et c’est ici : The Far Side.


Le mot tendance : un exemple pour bien le comprendre et l’employer

impacter

Cela fait un moment que tout le monde impacte, ou est impacté. Qui a lancé ce terme le premier ? Un expert militaire à la télévision ? Une ou un politique ? Un ou une économiste ? Mystère. Le Figaro s’est agacé à juste titre sur l’emploi à tort et à travers de ce verbe. Je dirais que c’est un militaire qui a dû nous pondre cela à la TV et que cela a été repris et diffusé à l’envi par les journalistes en un premier temps, comme les liaisons mal-t’a-propos et autres affèteries parisiennes à l’apparition récurrente qui situent socialement. En effet, lorsque j’étais à l’armée (eh oui, j’ai fait mon service militaire… Je suis vieux, et il n’y avait ni Internet ni téléphone portable. C’est vous dire…), les anciens gradés à l’humour toujours très subtil et toujours très renouvelé avaient pour habitude d’envoyer à l’armurerie le “bleu” du nouveau contingent, repéré comme étant sans doute un peu étroit sous le béret, pour qu’il en “rapporte des boîtes d’impacts”. Alors je vous propose, si on vous demande à l’avenir si vous-même avez été “impacté”, de demander à votre interlocuteur s’il pense que vous avez une bobine de ligne de mire.


le truc comique recommandé

Pour ce numéro zéro de démo, je ne vais pas aller chercher loin, mais vous aurez ainsi compris l’idée de cette rubrique qui sera critique, fera le zoom, ou dégoûtera à jamais de quelque chose. Bref, pour ce zéro, juste un clin d’œil en direction de la chronique de François Morel, que tout le monde connaît sur France Inter, pour la qualité de ses textes, son écriture, sa créativité, son humour grinçant ou tendre, subversif ou tolérant, sa poésie… et souvent ses propos. Un grand talent, du grand comique écrit.


courrier des lectrices, des lecteurs,
et de personnes lisantes (genre non déclaré) VIS COMICA

Pas de courrier inclusif des lectrices, lecteurs et personnes lisantes VIS COMICA, ni de réponse parce que je rappelle que ceci est un numéro zéro de démo, et forcément, il n’y a pas eu encore de lecteur, —trices et autres personnes lisantes. À noter qu’il en sera de même pour le numéro 1, s’il voit le jour… à moins que des lectrices, lecteurs et personnes lisantes VIS COMICA désormais abonné(.-e)s entre temps auront lu ce numéro zéro de démo et vous voudront déjà se plaindre.

À dans 15 jours,
Fibrociment,
Francis


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salles
salles
9 mois il y a

mouais…